Hier soir j’ai joué à… #9

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… Cyberpunk 2099! Une variation maison du grand classique Cyberpunk 2020, qui aura connu une suite ne convenant pas à mon entourage rôlisto-bourrin (mais également aux autres, les rôlistes normaux). En 2099, les dix-huit plus grandes megaplex ont été frappées dix ans plus tôt par le dénouement d’une cyberguerre opposant les plus puissantes keratsu, les Onze dragons, aux hacktivistes du Feedeback. Le conflit dura dix-huit secondes, mais fut le plus meurtrier que l’Humanité ai connu, fauchant deux milliards d’âmes – Et pratiquement tous les rangs corporatistes des keratsu, au passage – lorsque dix-huit satellites du réseau global MESH furent décrochés de leur orbite et devinrent brièvement les armes les plus coûteuses de l’Histoire.

Depuis lors, eh bien la vie a reprit, de petites corporations tentent de former de nouvelles coalitions pour prendre le contrôle d’un monde privé d’un réseau global et d’industrie lourde. Les très riches vivent dans des habitats orbitaux et lancent des raids à la surface pour maintenir un train de vie dispendieux, la biosphère polluée à l’extrême ne peut plus fournir ni eau potable ni pitance au plus grand nombre, et se venge de l’Humanité en déchaînant ses éléments en vagues cataclysmiques. Non, la vie en 2099 n’est pas top du tout, et tout ce qui pouvait contrebalancer les vilains penchants de l’Homme semblent bien avoir disparus, pour laisser la place à un instinct de survie exacerbé.

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Hélène incarne Soon-ji Westward, une medic autrefois considérée comme une grande cyberchirurgienne, avant que le crash d’un module MESH ne s’abatte sur NeoSeoul et atomise la megaplex, ainsi que la moitié de son corps. Eric incarne Phobos, un netrunner ayant cherché à stopper les blackhats du Feedback, mais sans succès. Bastien incarne Korey Konstantin, un fixer de la mafia russe qui régna longtemps sur un empire du crime américain, avant que le Feedback ne nucléarise la megaplex de San-Angeles et ne laisse que des ruines.

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Malgré tout, la vie continue pour plus de dix milliards d’individus, dans des conditions extrêmes, mais qui tendent à s’améliorer sensiblement au sein de quelques enclaves lourdement protégées. Nos amis vivotent en allant de l’une à l’autre, à bord d’un antique VTOL drainant leurs maigres ressources, mais leur permettant une confortable mobilité. Korey est habituellement le pilote, tandis que Soon-ji s’occupe de la navigation, et que Phobos cherche à se connecter aux nombreux sous-espaces, vestiges d’une matrice planétaire désormais disparue. Et c’est en parvenant à se relier soudainement à un espace virtuel au-dessus de la Géorgie qu’il se retrouve prit dans un tsunami de données corrompues. Quelques chanceux jets de dés lui permettent de résister à l’onde de choc et de capter en son sein un message d’alerte, envoyé par une netrunner légendaire, Mishka, présumée morte dix ans plus tôt en tentant de stopper le Feedback. Phobos parvient à décrypter le message, alors que des chiens de l’enfer se matérialisent peu après le passage du tsunami, une force de sécurité subsiste et semble vouloir poursuivre le phénomène. Il laisse une balise dans le sous-espace et réintègre son corps, tandis que l’appareil se trouve prit dans une tempête de sable et que Korey a toutes les peines du monde à le maintenir en l’air. Les piles de carburant s’épuisent rapidement et Soon-ji n’a pas d’autre moyen que de brancher sa propre alimentation cybernétique au VTOL en perdition. Elle résiste au choc métabolique tandis que la moitié de son corps devient une masse inerte de métal, mais tourne de l’oeil alors que les sonneries d’alarme indiquent un atterrissage forcé.

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La tempête finira par passer, et les pjs découvriront qu’ils sont pas trop loin de… Nulle part. Les étendues arides autour d’eux étaient il y a quelques décennies des vallées verdoyantes et boisées, mais il ne subsiste plus que les ruines de grandes usines automatisées, plusieurs fois pillées par des bandes de nomades, dont ils ne tarderont pas à repérer quelques beaux spécimens, attirés par leur VTOL cloué au sol. Soon-ji n’aura pas encore récupéré ses fonctions motrices, et en la portant entre eux, ses compagnons n’iront pas bien vite. Ils parviendront cependant à se dissimuler dans un champ de ruines, alors que plusieurs véhicules rafistolés – mais sans guitariste faisant craché des flammes à son instrument – viendront stopper à prudente distance de leur appareil. Korey préfèrera le faire sauter plutôt que de voir sa collection de japanime cochons tomber dans les mains crasseuses et indignes des nomades, qui seront pour la plupart soufflé dans l’explosion.

Une fois Soon-ji opérationnelle, Phobos leur apprendra qu’il aura capté un message de la légendaire Mishka, annonçant qu’elle est prête à partager de précieuses données avec les hacktivistes en lutte contre le système ancien, en train de renaître à l’identique. Les coordonnées étaient fragmentaires, mais pointaient vers Savannah fortress, la seule ville d’importance de la région. N’ayant de toute façon plus beaucoup d’options, les pjs décideront de se rendre au moins jusqu’à la cité. Légèrement équipé, ils traverseront pendant plusieurs jours des étendues peuplées de bandes de charognards, mais également de quelques communautés fragiles et méfiantes, avec qui ils échangeront malgré tout quelques informations ainsi que leurs maigres ressources. L’avis général sur Savannah fortress sera plus que négatif, bien que les forces du CO auront pillé la région l’année précédente, puis ne seront plus jamais revenu. Comme dans tout bon scénario post-apo, il y aura des cannibales – et un chien – les pjs feront l’expérience des deux et parviendront péniblement aux abords de Savannah fortress, après plusieurs jours sous des pluies acides, le ventre vide et les implants cyber commençant un peu à grincer.

Savannah fortress n’a depuis longtemps plus rien avoir avec la gentille bourgade sudiste d’un état américain bien-pensant (et bien blanc). Dès les années 30 (2030), la cybercriminalité et les attaques de larges bandes de nomades avaient contraint les maires successifs de l’époque à se tourner rapidement vers des corporations peu connues pour leurs investissements dans le social. Militech régna longtemps, puis la keratsu Myoshi-Menklen-Morubo, et depuis le crash des modules MESH, une nouvelle entité est née du chaos, le Centre Opérationnel, où CO, formé d’anciens militaires, de corporatistes rescapés du désastre et de quelques suprémacistes fortunés. La ville abrite 400 000 habitants divisés en zones fortifiées, survolées par une nuée de drones flambant neufs. Savannah fortress dispose encore d’usines fabriquant de la technologie de pointe, et il se dit à l’extérieur de ses barrières électriques que les dirigeants du CO ont fait un pacte avec plusieurs habitats orbitaux.

Lorsque les pjs arrivent en vue des fortifications, les cyberoptiques de Soon-ji repèrent sans mal le champs de mines sauteuses les séparant d’un chemin de ronde où patrouillent un nombre certain d’hommes en armes. Ajoutons à cela quelques drones tout à fait fonctionnels, et plusieurs mitrailleuses automatisées, et il est donc bien plaisant – mais honteux – de voir naître quelques mines déconfites, surtout après une marche si longue dans les étendues jadis bucoliques du nord de la Géorgie.

Retro Cyberpunk by Yanis CARDIN | Sci-Fi | 2D | CGSociety:

Fort heureusement, tandis que ses camarades montent l’abri contre les pluies acides de la nuit, Phobos se connecte à un sous-espace de grande dimension, très bien sécurisé, mais que ses programmes d’intrusion parviennent à pénétrer sans trop de problème. Là, il découvre cette bonne vieille structure virtuelle corporatiste d’autrefois, mais également toute une zone civile où il retrouve un ancien contact. Après avoir échangé quelques banalités, Vector3 lui donne quelques informations concernant un point faible dans la muraille de Savannah fortress, il lui avoue avoir entendu parler de Mishka, mais elle ne se trouve pas dans la ville.

A la faveur de la nuit, nos trois larrons se faufilent donc souplement vers un ancien déversoir des égouts de l’ancienne Savannah, fermé par plusieurs grilles, et équipé de pièges pour les gens peu recommandables de l’extérieur. Mais tels trois petits Tom Cruise, ils se faufilent enfin dans la cité, où des amis de Vector3 viennent les réceptionner à la demande de Phobos. Bon, ils sont un peu déçu de voir que la lutte anti-corporatiste se résume ici à laisser quelques tags et à pirater les robots-éboueurs, et que leurs alliés dans la place ont une moyenne d’âge de 13 ans, mais ils se voient invités sous un toit non percé, au sec, et avec des brochettes de rat sauce curry, le grand luxe!

Malheureusement pour eux, tandis qu’ils se prélassent dans un abri souterrain en regardant des holovids corporatistes, Bogsley, un netrunner du CO, a repéré les infimes traces indiquant la présence d’intrus dans la cité. Fin limier – Et il faut l’avouer, les teenagers hacktivistes sont un poil négligent – il ne tarde pas à identifier Phobos, dangereux hacker des temps passés. Une escadre de drones est envoyée sur site, et plutôt que de savourer paisiblement une énième recette locale de rat, les pjs se voient prit dans un échange de tirs avec une nuée de méchantes machines!

Danny Luvisi 38:

Se voyant plusieurs fois trompé par les pjs, Boglsey en fait une affaire personnelle, et leur séjour dans Savannah fortress ne sera donc qu’une longue course-poursuite, durant laquelle cependant ils vont pouvoir remonter la piste de Mishka, à l’extérieur de la ville donc, et à des coordonnées en pleine mer. Blessé plusieurs fois, leurs échanges violents avec les forces du CO auront provoquées de nombreux dégâts dans la ville, et si Bogsley sera finalement renvoyé (pour être poli), Monsieur Ian Vandal, cadre important du CO, aura prit à bras le corps le problème représenté par les pjs, et leur quête de la légendaire Mishka.

Le voyage jusqu’à la localisation de la mythique netrunner sera lui aussi ardu, mais les pjs seront d’accord pour admettre qu’il vaut mieux les dangers bien connus de l’extérieur, à ceux d’une ville à l’ancienne. Ils trouveront donc un vieux véhicule fonctionnant au pétrole, puis se feront attaquer par les Mac Phoersen, des nomades/ cannibales/ râclures de bidet, ils parviendront à ruser pendant leur capture, et à lancer une soufflante, une munition air-hydrogène faisant comme un souffle atomique, mais propre. Puis ils repartiront avec de belles motos cyberconnectées. En vue de la côte, nos pjs comprendront où se trouvait Mishka depuis dix ans; Dans un module MESH, sans doute crashé avec les autres, mais sans avoir visé une ville de plusieurs millions d’habitants. Disposant ainsi d’une source illimitée d’énergie et d’une technologie de pointe, sans être embêtée par les autorités des habitats orbitaux, la netrunner aura pu agir en toute discrétion.

Les pjs trouveront un petit bateau délabré pouvant les emmener jusqu’au module en grande partie submergé, ils y découvriront un lieu silencieux et où personne n’aurait pu survivre. Ce qui s’avèrera finalement être le cas. Après une longue exploration, ils découvriront le corps brisé et momifié de la célèbre netrunner. La rentrée atmosphérique lui aura été fatale, et elle qui espérait ainsi poursuivre son oeuvre en revenant sur Terre, aura du télécharger en urgence sa conscience dans un fork, un simple fragment numérique de son être. Ce sera lui que Phobos aura suivi jusque-là, et lui qui les contactera en manifestant un hologramme dans le module MESH.

Mishka leur expliquera qu’ici sont enfermés de nombreux secrets corporatistes de l’ancien monde, qui pourraient être utiles aux pjs. Malheureusement, leurs mouvements ont été pisté, et plusieurs appareils du CO approchent. Phobos captera leur approche en se connectant aux senseurs encore fonctionnels de l’habitat, et captera une demande de reddition émanant de Vandal. La discussion sera brève, les pjs décideront de tout faire sauter, dès que les hommes du CO seront à portée. Mishka leur indiquera un moyen de fuir en se rapprochant discrètement de la côte.

Sans grande surprise, les appareils du Centre Opérationnel lanceront quelques missiles et personne ne cherchera à récupérer les données à bord. Les corpos modernes ne se soucient guère des temps anciens. Les pjs devront se faufiler dans une succession de compartiments autrefois étanches, mais plus maintenant, et subiront de nombreuses blessures en filant vers le dernier sas encore fonctionnel.

#CYBERPUNK:

Malgré l’attaque extrêmement brutale du Centre Opérationnel et le choix des pjs de faire sauter le module MESH submergé, Phobos aura pu sentir le fork de Mishka parvenir à se faufiler par une porte dérobée, sûrement pour se réfugier dans le sous-espace de Savannah fortress où elle pourra bien pourrir le CO et ses ambitions corporatistes.

Alors qu’ils nageront péniblement jusqu’au rivage le plus proche, les pjs y découvriront un VTOL presque neuf, aux armes du CO, et dont le pilote connecté à son appareil aura eu la cervelle grillée. Cadeau d’adieu de Mishka. Les piles à combustible seront chargées, la technologie embarquée de dernier cri, avec même des couchettes confortables et des rations comestibles. Sans trop demander leur reste, les phs décideront de quitter cette hostile Géorgie et de tenter leur chance un peu plus au Nord en longeant la côte. Soon-ji soignera les blessures de ses compagnons tandis que Korey fera décoller l’appareil, ronronnant comme un chaton (l’appareil, pas Korey).

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5 commentaires sur « Hier soir j’ai joué à… #9 »

  1. Bonne idée de pousser le setting dans cette direction, l’accès plus difficile à la technologie rend la partie plus intéressante, et ont voit rapidement que toute la cybernétique, sans entretien, ça craint vraiment!

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