Exodes, de Jean-Marc Ligny

Exodes de Jean-Marc LIGNY (Folio SF n° 558) | Librairie Scylla

ça y’est, c’est la fin du monde des humains! Pas d’astéroïdes pouvant être dévié par quelques prospecteurs de pétrole/ Astronautes/ Bruce Willis… Même pas une meute motorisée de punks avec slip en cuir, non, là c’est la faute des chinois! Euh, je veux dire que c’est le réchauffement climatique… Oui je sais, ça n’existe pas, cet auteur est fou, ahahah, je ris!

Oui sauf que là, le sieur Jean-Marc Ligny nous plonge dans les destinées de quelques personnes ordinaires, cherchant à vivre dans une société en bout de course – la nôtre – Et à qui l’on tend une addition pas jolie-jolie. On aimerait bien que ce soit de l’anticipation délirante, mais les premiers signes sont déjà bien là autour de nous, et comme ce que racontent les personnages dans Exodes, on fait comme si tout pouvait continuer sans fin. Et bien que l’on commence plutôt soft, avec une famille dans la ville sous dôme de Davos, l’une des rares à fonctionner, et pleine de riches. On nous trace les grands traits d’une société repliée sur elle-même, où les privilégiés de notre monde actuel imposent leurs désirs aux prolétaires toujours sous contrôle, avec des réfugiés de l’autre côté d’un mur de sécurité… Ouais… Ce n’est pas commun ça, un mur pour repousser les étrangers. Mais en quelques pages, je me suis trouvé happé dans ce petit monde impitoyable, et bien cauchemardesque pour qui apprécie le pecorino au poivre et sa liberté de penser – comme disait le philosophe – et j’attaque donc les autres chapitres, narrant les histoires de survivants tentant de survivre dans cet univers fait de ruines, de cannibales et de climat tout déréglé.

Les histoires s’enchaînent, l’auteur d’Aqua nous montre le côté sombre de l’humain en fin d’existence. Les boutefeux qui se gavent de drogues pour déchaîner leur furie nihiliste, ceux qui se regroupent en petites communautés armés, Mélanie qui consacre sa fin de vie à sauver les derniers animaux. Tout simplement parce que Jean-Marc Ligny a placé cet enfer juste accolé à notre société actuel, voilà qu’il me glace le sang! Les personnages tentent de continuer à vivre, un jour après l’autre, mais clairement, l’Humanité disparaît et pas même Tom Cruise ne pourra la sauver, c’est pour dire! Ah pourtant il n’y a rien d’exceptionnel dans les descriptifs de ces Pyrénées arides et désolés, l’Italie ne fait plus trop rêver, et ne parlons pas de l’Espagne, mais ce sont justement ces décors si familiers qui, dans ce livre, amènent un plus grand trouble encore. Les personnages sont des épaves, parfois avec une étincelle d’humanité et de compassion, mais c’est un roman sombre et désespéré. Nous y arriverons bien assez tôt, pour pas mal de gens à travers le monde, c’est déjà le quotidien, et cet Exodes, très bien écrit, prend aux tripes pour qui sent  le vin virer au vinaigre.

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